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29/09/2010

Communiqué de l’Intersyndicale des Psychiatres Publics du 28 septembre 2010


Les psychiatres hospitaliers en grève
Plusieurs centaines de psychiatres hospitaliers, représentant leurs collègues massivement  en grève  dans l’ensemble des hôpitaux français, se sont rassemblés mardi devant les ARS et à Paris devant Ministère de la Santé, à l’appel de l’Intersyndicale des psychiatres Publics. Une délégation a été reçue par M. Ronan Le Joubioux, membre du Cabinet de la Ministre, auquel ont été exposées les revendications des praticiens.

Refus des aspects sécuritaires du projet de Loi de réforme des soins sans consentement, exigence de la reconnaissance d’une spécificité à la psychiatrie dans le champ médical, dont la gouvernance a été profondément modifiée par la Loi « Hôpital, Patients, Santé Territoires », préservation du secteur psychiatrique, et exigence d’une loi de santé mentale redonnant sens aux soins et mandat clair aux professionnels qui les dispensent dans un cadre clarifié et renouvelé, sont les principales revendications des psychiatres.

La colère des praticiens est notamment motivée par les projets de plusieurs directeurs d’établissements spécialisés de la région parisienne qui, se servant des nouveaux pouvoirs conférés par la loi HPST, s’attaquent au cadre organisationnel des soins, prétendant restructurer à leur idée et sans aucun respect des conceptions médicales et des besoins des usagers l’architecture des dispositifs de soins. Une coordination s’est créée en Ile de France pour recenser les problèmes, susciter la solidarité entre les hôpitaux concernés et lutter pour faire obstacle aux projets de ces chefs d’établissements.

Plus généralement, ces difficultés illustrent l’absence de cadre législatif qui garantisse une organisation stable du système de soins psychiatriques qui, jusqu’à présent avec le secteur, permettait de proposer une offre permanente et fonctionnelle aux trois millions de personnes ayant besoin de soins psychiatriques chaque année en France. L’Intersyndicale des Psychiatres Publics dénonce cette vulnérabilité organisée, et interpelle la Ministre sur les promesses du Président de la République de promulguer, pendant son mandat, une loi de Santé Mentale qui traduise les spécificités de la psychiatrie dans l’arsenal législatif.

Le représentant du Ministère a assuré la délégation de l’attachement de la Ministre à la psychiatrie de secteur, de l’absence de volonté de nier les spécificités de la psychiatrie, de l’absence de consignes pour ignorer les orientations médicales et dégrader l’organisation sectorielle. Il a suggéré que puissent être pris des contacts avec les parlementaires rapporteurs du projet de loi des soins sans consentement, qui avaient émis le vœu d’élargir le cadre de discussion à l’ensemble de la problématique de la psychiatrie publique. Il a également imaginé l’idée d’introduire dans la loi de santé publique des dispositions traitant de la santé mentale.
Sur ces deux points, il est clair que les propos de ce conseiller n’engagent que lui : la discussion de la loi des soins sans consentement n’a pas débuté, et le périmètre de cette discussion n’a fait l’objet d’aucune information de la part des rapporteurs. Quant à la loi de santé publique, il est fort peu probable qu’elle vienne au Parlement avant la fin de la législature.
En maintenant le statu quo et en l’absence d’initiatives claires et décisives de notre Ministre, les pouvoirs publics confirmeraient de fait leur désengagement d’une véritable politique globale, cohérente et modernisée pour la psychiatrie et la santé mentale, à la hauteur des besoins qui s’expriment partout, et auxquels ne peut plus faire face l’actuel dispositif.
Soutenue par la Conférence des Présidents de CME de CHS, l’UNAFAM, la FNAPSY, l’USP, le SPEP, l’Intersyndicale des Psychiatres Publics affirme qu’une loi Psychiatrie et santé mentale est aujourd’hui absolument nécessaire pour notre pays et la santé de nos concitoyens. Elle annonce que sa mobilisation en ce sens ne faiblira pas. 


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