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13/09/2010

Communiqué IPP du 13 septembre 2010

 
La psychiatrie est en danger

Le système assurant la prise en charge chaque année des trois millions de personnes présentant en France des troubles psychiques est aujourd’hui gravement menacé :

- par une loi en préparation sur les soins sans consentement qui, en durcissant les conditions de sortie des patients, en ne garantissant pas l’indépendance des praticiens, en ne subordonnant pas la notion d’ordre public au trouble mental et à la nécessité de soins, compromet gravement les soins et les libertés publiques.

- par l’application à la psychiatrie des dispositions de la Loi « Hôpital, Patients, Santé Territoires » sans respecter, en dépit de ce qui avait été assuré à ses représentants, la spécificité de son exercice. Ces dispositions constituent une machine à détruire le secteur psychiatrique, c’est à dire l’offre de soins de proximité, assurant en toute partie du territoire, une accessibilité et une continuité de la prise en charge. 

- par une succession de dispositions modifiant profondément l’interface psychiatrie/justice sans projet cohérent d’ensemble et ne permettant pas la mise en place d’une organisation efficiente des soins aux personnes placées sous main de justice   

L’Intersyndicale des Psychiatres Publics affirme que notre pays a aujourd’hui besoin d’une Loi d’Orientation de la politique de Psychiatrie et de Santé Mentale. 

Ce n’est que dans le cadre d’une loi globale affirmant des objectifs de santé publique qu’une réforme des soins sans consentement deviendra légitime. Celle loi devra également :
- réaffirmer les principes cardinaux d’une politique de santé mentale, incluant soins, prévention, réhabilitation, accès aux soins et à la citoyenneté, dé-stigmatisation, amélioration des conditions de vie.
- redéfinir le système de soins psychiatriques dans ses diverses fonctions, à l’égard des troubles psychiatriques comme à celle de la promotion de la santé mentale,
- déterminer des objectifs de progrès de santé à la politique nationale,
- affirmer l’indépendance des psychiatres dans leur mission de « juges du besoin de soins »,
- quantifier les manques dans la couverture des besoins de soins sur le territoire, et définir un plan pluriannuel pour y remédier,
- promouvoir la recherche, clinique, épidémiologique, thérapeutique, et en matière d’organisation des soins pour mieux répondre aux besoins sanitaires de la population.

Constatant la dégradation continue de leur outil de soins et de la qualité du service rendu aux usagers, l’IPP, en lien avec la coordination d’Ile de France, annonce sa mobilisation résolue, massive et durable, pour obtenir une Loi Psychiatrie et de Santé Mentale, meilleure garantie de sécurité pour les patients, leurs proches et nos concitoyens, et affirmant des objectifs humanistes et de progrès de santé pour notre pays.
Elle appelle l’ensemble des acteurs de la santé mentale à se mobiliser sur ces thèmes.

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