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22/11/2010

Dijon, le 19 Novembre 2010


Deux jeunes sont accusés d’avoir mis le feu le 14 Novembre dans un foyer ADOMA de la Fontaine d’Ouche à Dijon, faisant sept morts et laissant de nombreuses victimes dans un état gravissime.

Par une annonce officielle, le Ministre de l’Intérieur, à l’Assemblée Nationale annonçait que l’un deux était suivi en Hôpital Psychiatrique. A grand renfort médiatique l’information a été diffusée largement au niveau national, aggravant l’image épouvantable de ces « fous meurtriers» que les Psychiatres laissent courir dans les rues.


Avant de poursuivre cette stigmatisation dont souffre les patients, soyons sûrs de nos sources. De manière perverse l’accusé en question, non seulement alimentait la scène médiatique durant la journée du dimanche mais aussi se protégeait le soir même en demandant des soins en service psychiatrique.
Il n’avait aucun antécédent psychiatrique connu jusqu’alors.

Rappelons à nos Dirigeants, que 247 non-lieux ont été répertoriés durant l’année 2007 pour 47 000 crimes soit 0,5 % de ces délits.
Les patients en souffrance mentale sont 12 fois plus victimes de crime et 400 fois plus de vols que dans la population générale. Que fait-on pour les protéger et de quels droits le secret professionnel médical est-il bafoué aux dépens d’une politique hypersécuritaire, préoccupations de nos services Préfectoraux et bloquant les démarches thérapeutiques ?

Arrêtons d’entretenir cette image du fou criminel, poignée minoritaire qu’on veut confondre avec une population de plus en plus importante fragilisée psychiquement et qui demande de l’aide et des soins.

La santé mentale est l’affaire de tous et il est temps de réagir aux accusations mensongères qui sont proférées par nos Dirigeants politiques aux dépens des libertés individuelles, entretenant la stigmatisation de la souffrance mentale.



Docteur Gérard MILLERET,
Vice-Président IDEPP

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