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07/10/2011

Communiqué de la FNAPSY


Le licenciement du Dr Catherine Laffranchi
Par  le centre hospitalier Sainte-Marie (Nice) illustre une dérive sécuritaire


La FNAPSY tient à apporter son soutien public au Dr Catherine Laffranchi, licenciée pour « faute grave » par le centre hospitalier Sainte-Marie de Nice.
C’est une grave dérive que de licencier un médecin psychiatre, dont le travail est connu  et apprécié, pour l’évasion d’un patient détenu. Si les médecins, d’une manière générale, sont tenus d’une obligation de surveillance des personnes hospitalisées, ils n’ont ni la formation, ni la compétence pour se substituer à l’administration pénitentiaire.
Le patient était hospitalisé dans une unité de soins intensifs psychiatriques (Usip), structure dont la première vocation est le soin et non la surveillance de détenus.
La FNAPSY note que la direction de l'hôpital a annoncé immédiatement après l’évasion un ensemble de mesures dont la sécurisation des fenêtres, l’installation d'un portail détecteur de métaux, le changement de certaines grilles et a estimé nécessaire la création d’une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA). Cela établit de manière nette que la cause principale est structurelle, et n’est pas de nature à justifier ce brutal licenciement.
A l’heure où l’adoption de la loi du 5 juillet 2011 peut faire craindre une dérive sécuritaire, ce licenciement illustre une confusion des genres. Parce qu’il souffre devant la maladie, le patient doit bénéficier d’une attention professionnelle et bienveillante. Cette attention inclut une part de surveillance, de nature soignante, qui ne saurait être confondue avec la surveillance pénitentiaire, laquelle est une charge de l’Etat.
La FNAPSY espère que les médecins et leurs représentants réagiront devant une telle dérive, réaffirmant que leur engagement est de soigner, afin qu’elle puisse continuer à travailler avec eux en toute sérénité et respect et à lutter contre le déni de la maladie qui est une des composantes de la maladie psychique.

Paris le 6 octobre 2011.



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