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17/03/2012

dépèche APM du 16/03/12

PARIS, 16 mars 2012 (APM) - Le président de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé), Michel Gagneux, a déploré jeudi l'inertie dans la mise en place des réformes dans le domaine de l'e-santé, à l'occasion de la conférence annuelle de l'organisme organisée à la Maison de la chimie à Paris.


Au cours de cette matinée, l'Asip santé a dressé un bilan du déploiement du dossier médical personnel (DMP) depuis sa mise en production fin 2010, présenté les grandes lignes d'action pour l'année en cours, ainsi que les perspectives pour le secteur de l'e-santé.

Evoquant les résultats en demi-teinte sur le DMP, avec un nombre de dossiers ouverts très inférieur aux attentes (cf APM VGPCF001), Michel Gagneux s'est ému du "délai requis par la mise en oeuvre des politiques publiques", rappelant les vicissitudes qui ont marqué l'histoire du DMP depuis 2004.

"Nous sommes déjà au terme d'une législature qui aura vu s'énoncer les premiers principes d'une politique publique à vocation de cohérence pour développer l'e-santé (...) mais sans que les citoyens, les patients et les professionnels de santé en voient les conséquences concrètes dans leur vie quotidienne", a-t-il reconnu.

"Cette gestion du délai est un défi aujourd'hui pour tous les acteurs", a-t-il souligné, rappelant la difficulté de mettre en oeuvre des réformes structurelles devant mobiliser une multiplicité d'acteurs aux intérêts et priorités divergents, en remettant en cause leurs habitudes.

"Il faut réhabiliter le long terme car nous avons des projets complexes qui ne peuvent se régler en trois ou quatre ans", a-t-il plaidé. Il a insisté sur la nécessité d'une vision stratégique commune, impulsée au plus haut niveau, y compris sur les moyens financiers à apporter au secteur. Il a appelé de ses voeux une meilleure gouvernance et un "effort considérable" en matière de "conduite du changement".

Intervenant au nom de la secrétaire d'Etat en charge de la santé, Nora Berra, François-Xavier Selleret, futur directeur général de l'offre de soins (DGOS), avait assuré auparavant l'ensemble des acteurs du soutien des pouvoirs publics sur la mise en place du DMP. Il avait expliqué que le ministère prendrait sa place dans la définition d'un "discours de la méthode" sur le développement de l'e-santé.

Le Dr Jacques Lucas, vice-président du conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) et co-président du conseil d'éthique et de déontologie de l'Asip santé, a appelé à clarifier le concept d'e-santé, notamment au vu de certaines dérives dans le domaine de la télémédecine, évoquant un développement mal contrôlé d'activités de téléconseil ou de téléconsultation.

Magali Leo, qui intervenait pour le collectif interassociatif sur la santé (Ciss), a assuré l'Asip santé de son soutien à ses travaux, en particulier sur le déploiement du DMP.

INDUSTRIELS ET SYNDICALISTES ENCORE PRUDENTS SUR LE DMP

Seul représentant des industriels, Joël Karecki, vice-président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec), a réclamé aux pouvoirs publics "les conditions de la création d'un vrai marché". Il leur renvoyé la responsabilité de mettre en place une "interopérabilité" entre les systèmes pour assurer le développement de la télésanté.

Les représentants des médecins sont apparus divisés sur la mise en place des outils, entre les convaincus comme le Dr Jean-François Roch, chargé du déploiement du DMP en Franche-Comté, et le Dr Michel Varroud-Vial, président de l'Union nationale des réseaux de santé (UNR-Santé), et les syndicalistes, plutôt prudents.

Le Dr Charles-Henry Guez, du Syndicat des médecins libéraux (SML), a estimé que l'ouverture d'un DMP représentait un investissement important en temps et en pédagogie avec le patient, et qu'il faudrait envisager une rémunération des médecins pour de telles consultations.

Le Dr Jacques Niney, vice-président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), a insisté sur la nécessité de centrer le dossier sur le médecin traitant, et remis en cause la possibilité pour les patients de masquer des données. Il a insisté sur la nécessité d'avoir des données structurées au sein du DMP, alors que Jean-Yves Robin avait rappelé auparavant que c'était le cas.

Pour le Dr Gilles Urbejtel, trésorier de MG France, 99% des médecins libéraux ne sont actuellement pas équipés pour utiliser le DMP. Il juge le dispositif "inutilisable" en l'état, tant qu'il ne sera pas couplé aux logiciels métier afin d'éviter toute dérive chronophage. Le DMP est toutefois utilisable par n'importe quel professionnel connecté par internet via une interface web, depuis janvier 2011, note-t-on.

vg/eh/APM polsan

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