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22/11/2012

dépêche APM du 20/11/12

Directeurs des soins: l'AFDS plaide pour une instance rapprochant CME et commission des soins à l'hôpital

PARIS, 20 novembre 2012 (APM) - L'Association française des directeurs des soins (AFDS) propose de créer dans les hôpitaux une instance réunissant des membres de la commission médicale d'établissement (CME) et de la commission des soins infirmiers, de rééducation et médico-techniques (CSIRMT), a-t-on appris lundi auprès du nouveau président de l'AFDS, Stéphane Michaud.

Coordonnateur général des soins du centre hospitalier (CH) de Niort, il a été élu à la tête de l'association début octobre (cf APM NCPJH002).

Lors d'un entretien avec l'APM lundi, Stéphane Michaud a expliqué que l'association était favorable à la mise en place d'une instance permettant de travailler sur les "préoccupations communes" de la CME et de la CSIRMT: la fluidité du parcours du patient, la qualité de la prise en charge, ou encore l'évaluation des pratiques professionnelles.

Elle pourrait être présidée par les deux présidents de commission, a-t-il ajouté. Il a affirmé que certains hôpitaux, comme celui de Niort, réfléchissaient déjà à des évolutions de règlement intérieur permettant de tels rapprochements.

Le rapport de la mission sur l'hôpital public dite "Boiron-Fellinger" remis en avril présentait une idée proche, rappelle-t-on (cf APM SNPD5006). Il plaidait pour "favoriser, autant que possible des liens formels entre CME et CSIRMT sur le sujet de la qualité et gestion des risques liés aux soins", par exemple en créant "des sous-commissions communes".

Stéphane Michaud a assuré que l'AFDS était toujours déterminée à "être présente dans la mise en oeuvre des réformes" hospitalières.

L'association n'a pas été sollicitée pour participer aux groupes de travail du "pacte de confiance pour l'hôpital" (cf APM SNPJQ003), mais elle doit donner un avis "cette semaine ou la semaine prochaine" sur ce thème.

Tout en soulignant que l'AFDS n'est pas un syndicat, Stéphane Michaud a noté que ses adhérents restaient "attentifs" à l'évolution des statuts et de la rémunération des directeurs des soins. Il a regretté que le protocole d'accord du 29 juillet 2011 sur les directeurs de la fonction publique hospitalière (FPH) n'ait, pour l'heure, "pas abouti".

Il a également jugé important que les partenaires sociaux puissent "renégocier" les conditions d'accès des directeurs des soins à un logement dans le cadre des gardes de direction. Ils ne peuvent en bénéficier que s'ils ont effectué 40 jours de garde dans l'année, contrairement aux autres directeurs, a-t-il rappelé (cf APM SNNAB003).

Stéphane Michaud a en revanche tiré un bilan positif des évolutions statutaires connues par les directeurs des soins depuis la loi "hôpital, patients, santé et territoires" (HPST) de juillet 2009.

Il a estimé "acquis" le positionnement des directeurs des soins dans l'équipe de direction, notamment au sein du directoire, ou dans la fonction de directeur d'institut de formation paramédicale. "Nous sommes bien un pivot de la coordination des soins", a-t-il ajouté.

Pour lui, le rattachement des directeurs des soins au Centre national de gestion (CNG) a contribué à leur reconnaissance, et introduit une plus grande "équité dans le traitement des dossiers".

S'agissant de l'autorité hiérarchique sur les cadres, désormais confiée au directeur d'hôpital, il a jugé difficile de donner une réponse valable pour tous les établissements. Cette disposition ne lui semble cependant pas poser de "problème majeur" sur le terrain.

DE MOINS EN MOINS DE CANDIDATS AU CONCOURS

Stéphane Michaud s'est inquiété de la démographie de la profession, qui comptait quelque 850 membres en 2011 contre 1.037 en 2007. Alors qu'environ 200 candidats se sont présentés au concours, ils n'étaient qu'un peu moins de 90 en 2012, a-t-il regretté.

Le nombre de postes ouverts aux directeurs des soins, a lui, connu une "sensible hausse" en 2012 (cinq postes en plus, soit 40 contre 35 les deux années précédentes), mais cela reste "trop peu" rapporté aux postes vacants, a-t-il commenté.

Une revalorisation statutaire serait "un moyen de rendre le métier plus attractif, mais ne serait pas la seule chose" à prendre en compte, a estimé Stéphane Michaud. Il faudrait, selon lui, mener une réflexion sur la mobilité géographique demandée aux directeurs des soins pour accéder à la première classe.

Même si cette mobilité est un élément "important" pour exercer ce métier, elle peut décourager certains candidats potentiels, d'autant que le poste de directeur des soins correspond en général à une "troisième partie de carrière", pour des agents disposant d'attaches fortes dans leur vie personnelle, a-t-il observé.

Jugeant également qu'un effort de communication était nécessaire pour faire connaître la profession, il a affirmé que l'AFDS s'y employait.

L'association participe par ailleurs à la réalisation d'un bilan de la nouvelle formation initiale des infirmiers, mise en place à partir de 2009, en relayant un questionnaire du ministère des affaires sociales et de la santé. Il porte en particulier sur les difficultés rencontrées par les étudiants et les formateurs.

L'AFDS est également consultée par divers organismes publics sur des thèmes tels que la qualité de vie de patients chroniques, la maladie de Parkinson, les maladies rares, la santé mentale, l'agrément de la formation des chefs de pôle, le développement professionnel continu (DPC) des infirmiers, ou encore la réingénierie du diplôme de cadre de santé. 

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