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27/12/2012

dépèche APM du 24/12/2012

Un rapport sénatorial propose 11 mesures pour améliorer la prise en charge des pathologies mentales
PARIS, 24 décembre 2012 (APM) - Un rapport sénatorial, rendu public vendredi, énumère 11 mesures destinées à améliorer la prise en charge des pathologies mentales.


Ce rapport de la commission des affaires sociales du Sénat, présenté par Alain Milon (UMP, Vaucluse) et adopté mercredi, dresse d'abord le bilan de la prise en charge psychiatrique des personnes atteintes de troubles mentaux, avant d'évoquer plusieurs pistes d'amélioration.

Sans préjuger des résultats du Plan de santé mentale pour 2011-15, Alain Milon rappelle les principaux problèmes identifiés lors du plan précédent (2005-08): "l'absence de connaissances exactes tant sur la prévalence des troubles relevant de la psychiatrie que sur l'activité des équipes et des structures; le cloisonnement persistant des soins à toutes les étapes de la prise en charge et spécialement entre psychiatrie et médecine générale" et "l'absence de politique d'innovation et d'amélioration des soins".

S'il constate, au niveau mondial, une remise en cause de la psychiatrie par le concept de "santé mentale" et des critiques en termes de prévalence des troubles, d'efficacité des médicaments et des thérapies mises en oeuvre, il estime qu'elles sont difficilement applicables à la psychiatrie française.

Il qualifie ainsi de "spirale néfaste (...) l'extension du concept de santé mentale aux troubles du comportement dès le plus jeune âge", qui "a pour conséquence l'encombrement croissant des consultations en psychiatrie, une pression accrue sur les médecins pour poser rapidement un diagnostic et engager un traitement qui donne des résultats immédiats et, en réaction, l'émergence de contestations radicales de la psychiatrie".

Il note toutefois que la psychiatrie française, qui "se caractérise par une grande précaution des soignants face aux effets de modes en matière diagnostique ou théorique et à l'approche uniquement médicamenteuse", fait front en répondant à une "part importante des besoins de la population".

Mais le secteur, qui doit faire face à une diminution du nombre de psychiatres, souffre par ailleurs de l'"accent disproportionné mis sur l'hospitalisation", en dépit d'investissements nécessaires, selon le rapport.

Le rapport suggère en premier lieu d'intégrer la lutte contre les troubles mentaux à la prochaine loi de santé publique, compte tenu des incertitudes sur l'inscription au calendrier législatif d'une loi de santé mentale.

Alain Milon recommande d'élaborer les mesures envisagées après concertation avec l'ensemble des acteurs concernés, des praticiens aux associations de patients et d'usagers, afin notamment de remédier à l'absence de fondement juridique du secteur psychiatrique.

Dans la continuité de cette concertation, il propose d'intégrer un conseil des familles et des usagers à l'organisation des établissements psychiatriques.

Il suggère ensuite le financement d'un programme de développement des réseaux de soins en psychiatrie, qualifiés de "très innovants" en matière de recherche ou de prise en charge.

Afin d'alléger le travail du médecin, il préconise la mise en place d'un "case manager", sorte d'assistant social non médecin qui serait chargé du suivi d'un patient dans son parcours sanitaire et médico-social, à l'image du dispositif expérimenté à l'hôpital Sainte-Anne à Paris.

Le rapport insiste sur la nécessité d'un suivi pluriprofessionnel des personnes atteintes de troubles mentaux, et propose à cet égard d'organiser leur prise en charge somatique, éventuellement par des consultations systématiques en établissement.

S'agissant de la formation, il plaide pour "garantir un tronc commun de la spécialisation en psychiatrie assurant la formation à l'ensemble des techniques de prise en charge", et pour le renforcement de la formation continue des pédiatres et des généralistes en vue d'accélérer la prise en charge des cas de dépression et la meilleure détection des troubles psychiatriques.

Il préconise de fixer avec la Haute autorité de santé (HAS) "un calendrier de réunions de consensus aboutissant à l'élaboration de recommandations de bonnes pratiques".

Relevant que la recherche française "ne représente que 2,4% des publications mondiales dans le domaine de la psychiatrie", et même si certaines d'entre elles font référence, le rapport suggère d'"assurer le financement des projets de recherche en psychiatrie par une agence centrale sur le modèle de l'Institut national du cancer (Inca)".

Enfin le rapport demande la mise en place d'un observatoire des suicides rattaché à l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Rapport d'information sur la prise en charge psychiatrique des personnes atteintes de troubles mentaux

vg/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com

VGPLO003 24/12/2012 17:01 ACTU

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