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19/11/2013

dépèche APm du 15/11/2013

PARIS, 15 novembre 2013 (APM) - Des associations représentant les patients de psychiatrie et leurs familles se sont déclarées attachées à la sectorisation jeudi lors des 23èmes Journées 2013 de l'Association des établissements participant au service public de santé mentale (Adesm), qui se tiennent jusqu'à vendredi à Paris.

A la création du secteur "à la française", selon les termes de Gérard Massé, psychiatre et fondateur de l'ex-mission nationale d'appui en santé mentale (Mnasm), présidait l'idée de lutte contre l'asile. "La sectorisation a permis sur tout le territoire qu'il y ait un dispositif hospitalier ambulatoire", a-t-il résumé (cf APM EHQKF004).

"Le secteur a été un conçu comme un lieu thérapeutique, avec l'idée de continuité des soins de multiplicité des structures, une ambition égalitaire et intégrative", a rappelé Magali Coldefy, maître de recherche à l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes).

La chercheuse a également rappelé que la dimension géographique du secteur avait été supprimée en 2003 par l'ordonnance de simplification administrative pour intégrer la psychiatrie dans l'organisation générale des soins. Un mouvement renforcé par la loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST), même si, par exemple, "le secteur est réaffirmé dans le dernier Plan psychiatrie santé mentale", a ajouté Magali Coldefy.

Le secteur reste toutefois une référence pour les patients et leurs familles. "Avec le secteur, au moins, on sait où on va être soigné", a résumé Claude Finkelstein, présidente de Fédération nationale des associations d'usagers en psychiatrie (Fnapsy). "Quand cela ne va pas, il faut que nous sachions où appeler, et qu'on nous réponde. Et pour l'instant, on a le secteur!"

"Quand il y aura des soins à domicile partout, on sera moins attaché a cette notion de secteur", a estimé Roger Sonnet, administrateur de l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapée psychiques (Unafam). "Aller au domicile des malades est notre principale demande pour avoir moins d'hospitalisation sans contrainte, et des moyens mieux répartis".

"L'attachement des usagers au secteur est essentiellement lié à la réponse aux situations de crise et d'urgence", a analysé Isabelle Prade, chef de bureau à la direction générale de l'offre de soins (DGOS). "Pour autant, si on peut entendre cette demande légitime, la liberté éventuelle d'autres organisations reste ouverte", a-t-elle ajouté.

"Le secteur proprement dit est dépassé depuis longtemps" dans le cadre des liens nécessaires avec le champ médico-social, et notamment pour certains publics comme les personnes précaires ou les personnes âgées, a estimé Isabelle Prade. De même, la loi handicap de 2005 a induit le développement de nouveaux acteurs dans la prise en charge des patients souffrant de handicap psychique, comme les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), a-t-elle relevé.

Même si la représentante de la DGOS a défendu l'idée de "territoire opérationnel pertinent pour un projet", elle a assuré qu'elle avait "retenu l'idée que, si le secteur n'était plus nécessairement le territoire incontournable, inévitable, de la santé mentale, il fallait en conserver les valeurs".

"Il faut être dans une logique de parcours et de travail de réseau", a résumé Rachel Bocher, psychiatre au CHU de Nantes et présidente de l'Intersyndicat de praticiens hospitaliers (INPH). "C'est un faux débat de s'accrocher au mot 'secteur'", a-t-elle estimé.

vl/eh/APM polsan
redaction@apmnews.com

EHQKF005 15/11/2013 10:32 ACTU

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