.

17/09/2014

dépêche APM du 15/09/2014

ARS CNSA HOPITAL ILE-DE-FRANCE NORD-PAS-DE-CALAIS PACA PATIENTS-USAGERS PSYCHIATRIE-SANTE MENTALE SYNDICATS
Généraliser l'expérimentation des médiateurs en santé mentale n'est pas souhaitable pour l'instant (rapport)
PARIS, 15 septembre 2014 (APM) - Il n'est pas souhaitable de généraliser maintenant l'expérimentation de médiateurs de santé pairs, mais utile de la poursuivre, toujours sur la base du volontariat dans deux ou trois nouvelles agences régionales de santé (ARS), conclut un rapport provisoire d'évaluation du dispositif, dont APM a eu copie.
Une expérimentation de médiateurs en santé mentale a été lancée en 2011 en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Ile-de-France et Nord-Pas-de-Calais (cf APM COOL9001). Il s'agit de confier à des anciens patients en santé mentale la mission d'accompagner et de soutenir des personnes présentant des troubles mentaux.
Ce programme national expérimental est porté par le Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé (CCOMS) situé à Lille, en partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et la Fédération nationale des patients en psychiatrie (Fnapsy).
Alors que la formation de 30 médiateurs en santé mentale avait été lancée en janvier 2012 (cf APM COOLK001), les ministères chargés de la santé et des solidarités avaient décidé de suspendre l'expérimentation suite à la demande de sept syndicats d'agents de la fonction publique hospitalière d'y mettre fin en raison notamment du coût et de l'insécurité juridique et statutaire des recrutements (cf APM COPBL001 et APM HMPAH004).
Le rapport de 86 pages sans les annexes dont APM a eu copie, intitulé "le dispositif des médiateurs de santé pairs en santé mentale: une innovation controversée", est la version provisoire du rapport final de la recherche évaluative qualitative sur le programme expérimental 2012-14 et a été rédigé par le Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé), UMR-CNRS de l'université de Lille I, sous la direction de Lise Demailly.
Ce programme expérimental avait été financé, pour la formation, par la CNSA et les 15 établissements hospitaliers concernés, pour les emplois, par les trois ARS concernées, et pour la recherche, par la direction générale de la santé (DGS), rappellent les auteurs du rapport en introduction. Ce programme devait en principe, après la phase expérimentale, être étendu par vagues successives à d'autres régions voire généralisé.
En conclusion, les auteurs estiment que l'observation du programme expérimental 2012-14 a montré la faisabilité de l'intégration de pairs aidants professionnels dans les équipes de soins des services psychiatriques, "faisabilité qui n'était pas a priori évidente".
En outre, deux autres objectifs du programme sont atteints. L'expérimentation a permis de développer une nouvelle réflexion dans les équipes sur la maladie, les pratiques, le vécu des patients et le rétablissement. En outre, elle a révélé qu'une "certaine qualité des relations" entre médiateur et usagers était "possible".
Toutefois, "la manière dont s'est passée la phase expérimentale montre qu'il ne semble pas souhaitable de passer maintenant à une généralisation qui serait contreproductive", estiment les auteurs de l'étude. Ils justifient cette position en expliquant que cette innovation, "en rupture avec l'existant, a spontanément donné lieu à de nombreuses controverses et continuera à le faire".
Ils préconisent que la "reprise du programme" ait un "caractère volontaire du côté des services d'une part, expérimental d'autre part", car les solutions sont "encore à affiner, de nouveaux outils à construire et valider".
"S'il est tolérable qu'il y ait, dans une expérimentation originale de deux ans, la moitié seulement des [médiateurs] encore en poste à la fin du programme [...], cette proportion n'est pas souhaitable en régime de croisière ordinaire, elle est révélatrice de trop de dysfonctionnements non maîtrisés", ajoutent les auteurs de l'étude. Ils estiment qu'il faudra encore, "sur quelques années, quelques tâtonnements et quelques processus d'innovation locale pour parvenir à une stabilisation des modèles de formation, d'embauche et d'emploi".
Il juge ainsi logique que la "reprise éventuelle" se fasse comme sur la base du volontariat, dans ou trois nouvelles ARS et redonne lieu à une évaluation externe. Ils jugent en revanche utile d'inscrire explicitement dans la politique de santé mentale le principe de la pair aidance bénévole ou professionnelle.
15 MEDIATEURS TOUJOURS EN ACTIVITE
Ils signalent que, sur les 29 médiateurs de santé pairs, 15 étaient en activité au 1er septembre 2014. Parmi eux, 13 sont parvenus à s'insérer dans les services. Pour les autres, ils peuvent être soit en conflit avec l'institution et l'équipe, soit peuvent avoir abandonné le programme.
L'enquête montre l'existence de deux phases d'abandon, qui interviennent de manière précoce (pour neuf d'entre eux, dans les premières semaines ou premiers mois avant le diplôme) ou de manière tardive (pour quatre d'entre eux) une fois que le médiateur est parvenu à habiter la fonction.
Les arguments mis en avant pour justifier leurs sorties "volontaires" oscillent entre trois grandes thématiques: la difficile confrontation aux troubles psychiques et la crainte de rechuter; l'insatisfaction face aux fonctions et activités proposées; la confrontation aux équipes soignantes et l'émergence de conflits alors que le médiateur peine à habiter la fonction ou pense y parvenir, énumèrent les auteurs de l'étude.
Ils suggèrent par ailleurs une série de pistes pour améliorer le dispositif, notamment sur la formation initiale des médiateurs, le cadrage institutionnel de la pratique, le recrutement des sites hospitaliers, le recrutement des médiateurs, les formations continues et supervisions.
Dans son rapport sur la démocratie sanitaire rendu public en février, Claire Compagnon recommandait d'étendre et de pérenniser la présence de médiateurs de santé-pairs au niveau national, dans tous les services de santé mentale volontaires (cf APM MHRBD002).
mh/ab/APM polsanredaction@apmnews.com
MHRIF001 15/09/2014 15:29 ACTU
©1989-2014 APM International.


Aucun commentaire:

Archives du blog