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30/09/2014

dépêche APM du 24/09/14

PARIS, 25 septembre 2014 (APM) - La ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine, a tenté mercredi de rassurer les acteurs du monde de la psychiatrie sur les mesures concernant la santé mentale contenues dans le projet de loi de santé, notamment sur le secteur et sur les groupements hospitaliers de territoire (GHT).

Elle intervenait à l'occasion de l'inauguration d'un nouveau bâtiment au centre hospitalier (CH) Sainte-Anne à Paris. Elle a également annoncé à cette occasion qu'elle confiait au directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) Aquitaine, Michel Laforcade une mission sur la psychiatrie (cf APM ABRIO001) et qu'elle souhaitait voir conduite une réflexion sur l'exercice infirmier en santé mentale, d'une part, et sur le rôle renforcé des psychologues cliniciens, d'autre part (cf APM ABRIO002 ).
La ministre a estimé que le monde de la psychiatrie avait été "malmené, stigmatisé par le gouvernement précédent". "Je sais par quel point vous avez été heurtés par la tonalité du discours d'Antony", a-t-elle lancé, devant plus d'une centaine de personnes réunies pour l'occasion. Le discours à orientation sécuritaire prononcé par l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, dans cette ville des Hauts-de-Seine en décembre 2008 avait suscité de nombreuses critiques de la part des acteurs du monde de la psychiatrie, rappelle-t-on (cf APM HMLL2003).
La ministre a estimé qu'il fallait "franchir une nouvelle étape pour améliorer la santé mentale et la psychiatrie dans notre pays".
"Il nous faut aujourd'hui accélérer le décloisonnement de la prise en charge psychiatrique. Nous devons lui permettre de s'intégrer dans le système de soins primaires et travailler à une meilleure coordination avec les services et les acteurs sociaux et médico-sociaux", a poursuivi la ministre, considérant qu'il fallait aussi "poursuivre la diversification des activités de l'hôpital". "Je pense, par exemple, à l'aide aux aidants", a-t-elle précisé.
"Le traitement de la maladie ne peut se limiter à une prise en charge médicale: il doit 's'ouvrir à la cité', s'inscrire dans un territoire et mobiliser toutes les forces qui le composent. Tel est le sens profond de la loi de santé", a-t-elle expliqué.
Elle a rappelé les objectifs de sa loi, qui doit permettre de renforcer "l'organisation territoriale de la santé mentale et de la psychiatrie".
La loi aura "pour objectif d'inciter l'ensemble des acteurs d'un territoire intervenant dans les parcours de soins et de vie des personnes à travailler ensemble, dans le respect des missions de chacun", a poursuivi Marisol Touraine, précisant que les ARS seraient "mobilisées pour piloter cette coopération afin que, sur chaque territoire, les dimensions de la prévention, du soin et de l'insertion soient intégrées".
Ces coopérations devront "mobiliser l'ensemble des acteurs". La ministre a indiqué que les initiatives existantes, comme les conseils locaux de santé mentale ou les conseils locaux de santé auraient "bien évidemment toute leur place", puisque ces dispositifs "sont précurseurs de cette approche transversale".
Elle a rappelé que le projet de loi prévoyait d'instaurer une mission dite de psychiatrie de secteur. Cette mission "organise un recours à des soins spécialisés de proximité" et "replace la psychiatrie de secteur dans le cadre global du service territorial de santé au public", a-t-elle expliqué.
Elle a estimé que tous les rapports étaient "unanimes": "sans nier les points forts de cette organisation", il faut mieux articuler le secteur avec les acteurs libéraux, sociaux et médico-sociaux des territoires, a relevé la ministre.
Elle a tenu "à dissiper certaines craintes qui pourraient perdurer" sur cette question. "Je souhaite aborder cette question de façon apaisée, loin de toute idéologie", a assuré, d'abord, Marisol Touraine.
"Il ne s'agit pas ici d'en faire le seul acteur sur un territoire et le secteur n'a pas vocation à assurer tous les types de prise en charge. Il s'agit de créer les conditions pour que la psychiatrie de secteur puisse être reconnue comme un acteur clef assurant une prise en charge spécialisée et continue sur le territoire, en proximité, en coopération avec d'autres", a détaillé la ministre.
"Ces particularités devront être prises en compte dans les modalités de désignation du chef de secteur", a ajouté Marisol Touraine, précisant que la psychiatrie de secteur était pour elle "indispensable dans l'égalité d'accès à des soins spécialisés de proximité".
ET SUR LES FUTURS GHT?
Quant aux craintes exprimées sur la place de la psychiatre dans les futurs GHT, la ministre a souhaité clarifier la situation. "Que les choses soient claires: le principe de l'appartenance d'un établissement de santé à un seul groupement hospitalier de territoire ne s'appliquera pas aux établissements spécialisés de santé mentale", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter: "En effet, la logique médicale plaide en faveur de la possibilité pour ces établissements d'adhérer à plusieurs groupements hospitaliers de territoire. C'est particulièrement vrai en Ile-de-France."
"Il n'est pas question de faire disparaître la spécificité de la psychiatrie au milieu des autres spécialités médicales", a-t-elle renchéri. Les GHT "n'empêcheront pas les services de psychiatrie des hôpitaux généraux de coopérer avec d'autres établissements dans le cadre d'un projet médical, y compris en dehors de ce groupement", a-t-elle ajouté, précisant que le texte le prévoyait "spécifiquement".
Enfin, sur la recherche, qui reste "insuffisamment développée en psychiatrie", elle a estimé qu'elle devait progresser "aussi bien dans le champ de la biologie, de l'imagerie, des sciences sociales et humaines que de l'organisation des systèmes de prise en charge".
INAUGURATION DU B¦TIMENT JEAN-DELAY
Ce discours a été prononcé à l'occasion de l'inauguration du bâtiment d'hospitalisation Jean-Delay, entièrement rénové, situé au sein du "pôle 15ème" du CH Sainte-Anne, qui a rouvert ses portes début 2014, précise l'hôpital dans un dossier de presse diffusé mercredi.
Ce pôle reçoit 12.000 patients et regroupe trois secteurs, -dont un remplissant une triple mission de soins, d'enseignement et de recherche-, le service hospitalo-universitaire, un service d'addictologie intersectorielle et un Institut hospitalier de la psychanalyse.
L'opération, dont le coût s'est élevé à 14,2 millions d'euros et qui a été financée par l'établissement, a consisté à réaliser quatre unités de soins de 20 lits, dont une unité fermée avec deux chambres d'isolement.
Il s'agissait aussi de modifier les abords, avec la création d'une entrée de bâtiment uniquement en rez-de-chaussée et de créer deux rampes d'accès pour personnes à mobilité réduite et une rampe logistique. Cela a consisté également à construire un étage sur la petite aile du bâtiment pour y implanter la salle à manger commune de 60 personnes et permettre un gain de surface de 180 m2.
Au total, le CH Sainte-Anne compte 690 lits et emploie 2.800 agents et 215 équivalents temps plein (ETP) de médecins. En psychiatrie, il réunit notamment sept secteurs adultes, trois secteurs infanto-juvéniles, deux services hospitalo-universitaires et un secteur de psychiatrie en milieu pénitentiaire. Avec 34.500 patients, il réalise 362.700 actes. Au total, 86% des patients sont suivis en ambulatoire. En neurosciences, il réunit huit services et recense 7.823 séjours et 32.407 journées d'hospitalisation complète.
mh/nc/APM polsan
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